|
|||||||||||
|
|
|||||||||||
![]() Iwerliewen fir bedreete Volleker BP 98
Tél : 26258687
Numéro de compte :
email : ifbv@pt.lu
|
|||||||||||
|
Une lueur d’espoir à Zababdeh (Jenin)
Zababdeh est un village important dans la province de Jenin (où se passèrent les événements tragiques que l’on sait dans le camp de réfugiés de la ville principale). A la pointe nord de la Cisjordanie (West Bank), la région est totalement asphyxiée par la construction du fameux mur et par les « check points volants » incessants sur les routes. A Zababdeh (3500 habitants) le taux de chômage est de l’ordre de 60% ! C’est dans ce contexte désespérant qu’une ONG luxembourgeoise a créé un ilot d’espoir : la « Creativity house », sous l’impulsion de Pierre Lutgen, initiateur de l’ONG « Défense des peuples menacés » et la participation du Ministère des Affaires Etrangères et de la Ville de Luxembourg. Son but : rassembler les enfants handicapés du village et leur donner tous les soins nécessaires et, dans la mesure du possible, éveiller leurs capacités physiques et intellectuelles pour leur offrir le maximum d’autonomie et joie de vivre. Exercices de motricité, dessins, bricolages, lectures, jeux divers, le tout dans une ambiance familiale parfaitement adaptée aux besoins. Un des piliers de la maison est la musicothérapie. Eliette Wolff, musicothérapeute de Luxembourg, s’y rendra pour la troisième fois en septembre. Louise Delbos, jeune physiothérapeute française s’y rendra à la même date pour plusieurs mois. Anne Paquier, photographe et professeur à l’Université de Birzeit, y organisera des expositions. La maison est accueillante, offre un confort simple mais fonctionnel et elle est parfaitement gérée par un couple de Palestiniens du village.
On peut imaginer les difficultés de toute sorte inhérentes à ce type de projet dans un monde faisant face à des problèmes de survie au quotidien. De plus, des contraintes d’ordre psychologique rendent les choses plus difficiles encore. Avoir un enfant handicapé physique et mental est toujours une croix très lourde à porter. Et la croix est encore plus lourde si un sentiment de gêne et de culpabilité s’en mêle. Avant tout, il a fallu convaincre les parents de l’utilité et de l’importance de confier leurs enfants au lieu de les cacher et de les soustraire à la vie commune. Les débuts sont tout à fait encourageants. Les premiers enfants sont accueillis à « la maison » tous les matins vers 9h30 et y passent une journée bien remplie. Incidemment, c’est une belge d’origine palestinienne qui dirige la maison. Mostham Salameh (voir photo) est née en Belgique de parents palestiniens. (Son grand père fit partie des premiers réfugiés ayant été chassés de leur terre après la création de l’Etat d’Israël). Elle a fait ses études à l’Athénée de Virton et une spécialité de pédagogie sociale à l’école supérieure Robert Schuman dans la même ville. Elle a décidé de mettre son savoir et son expérience au service de son pays. Mostham est parfaite trilingue : arabe, français, anglais, mère de deux enfants. Elle habite le village de Faqoua, le plus au nord du West Bank, à 15 km de la « Creativity house ». Le mur passe à l’orée même du village. Les champs d’oliviers de ses ancêtres sont coupés en deux. Ce qui est au nord est définitivement annexé et interdit de culture. Tous les matins, Mostham met de 1 à 2 heures à l’aller et au retour pour parcourir les 15 km qui la séparent de son travail : check points imprévus obligent ! Son moral reste d’acier. C’est son choix de s’occuper de ces enfants et rien, pas même des tanks, ne l’arrêteront. A la maison de la « créativité », on ne chôme pas. Pierre Lutgen vient d’y apporter un « trampolin ». Il fait la joie des enfants qui s’y exercent. C’est pour eux un exercice autant amusant que périlleux puisque la plupart ne tiennent déjà pas bien sur leurs jambes. Mais qu’à cela ne tienne : on essaie une fois, deux fois, dix fois et ça marche, avec l’aide aussi de la bonne maman, épouse du gérant de la maison. Une autre activité suivie avec beaucoup d’attention et d’intérêt est le dessin. Mohammed Saba’aneh est un caricaturiste de premier plan à Jenin. Il vient régulièrement à la maison de la créativité et, patiemment, met en valeur les capacités de dessins de ses protégés. Rayda a 10 ans. Elle est sourde-muette. Nous avions apporté des jouets simples (offert pas des enfants belges) et vous auriez vu la joie dans son regard. Ce simple jeu qui n’a l’air de rien l’occupe pendant des heures et des heures. Tous des petits riens qui, mis bout à bout, représentent tout à coup un espoir nouveau. Oui, là où une majorité d’hommes, de femmes et d’enfants « normaux » peinent chaque jour pour survivre dans la dignité, la « Creativity house » de Zababdeh offre aussi un espoir à ceux que la nature a défavorisés. C’est un morceau de ciel sur la terre de Palestine.
Et tout le monde de se mettre à la tâche. Pour faire
mieux connaître la « Creativity house » et surtout
pour faciliter la démarche de la confiance pour des
parents craintifs, l’épouse même du maire du
village apportera une contribution exemplaire.
Chaque mois, elle choisira quelques mamans du
village qui se rendront au foyer d’accueil avec
petits gâteaux. Séance de thé, bavardages, rencontre
avec les enfants déjà inscrits, tout sera fait pour qu’
une publicité de bouche à bouche mette parfaitement en valeur le projet et ses ambitions. Alain Rihoux.
|
|||||||||||
| Dernière actualisation le
29 juillet 2010 haut de la page |
|
|||