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Un tremblement de terre à plonger la population de Haïti dans le désarroi - Témoignages locaux
Témoignage d’Eveline B. Alix, responsable locale OTM

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Témoignage d’Eveline B. Alix, responsable locale OTM

Envoyé le 17 janvier 2010 par mail de Gressier, localité proche de l’épicentre du tremblement de terre du 12 janvier :

Actuellement, en Haïti, les gens se solidarisent. Pour la plupart des quartiers, tout le monde se regroupe en une grande famille. Chacun apporte ce qu’il a. Si quelqu’un a de l’eau, il l’apporte, il y en a qui ont du sel, des haricots, du riz, du savon, des draps, des vêtements et sous-vêtements, du charbon, des tapis plastiques pour faire des tentes, etc. Car, il y a des gens qui sont sauvés sans rien du tout et qui n’ont pas la possibilité de ne récupérer rien du tout. D’autre part, dans notre quartier, les enfants commencent à avoir de la diarrhée et même des adultes. La réserve de médicaments que les membres d’OTM nous ont laissés est presque finie.

Nous prions le Seigneur Jésus pour que la pluie ne tombe pas dans les quartiers de Port-au-Prince et de Carrefour, sinon, ce sera le drame, nous craignons une épidémie. Partout, c’est l’odeur de morts. Personne ne peut dire jusqu’à présent combien de gens soient morts. Jusqu’au moment où nous vous parlons, il y a encore des gens qui sont encore sous des décombres qui sont vivants, qui communiquent par téléphone, mais qu’on n’arrive pas à trouver un moyen de les sortir.

Il n’y pas que des maisons écrasées ou effondrées, mais il y en a aussi que la terre a englouti avec des gens dedans.

Outre le traumatisme qu’on a du tremblement de terre, il y a aussi, un grave problème de brigandage. Il y a des milliers de prisonniers qui sont en cavale dont 800 de renom du pénitencier national. Ces gens sans foi, ni loi, traumatisent à nouveau la population déjà toute tremblante avec des armes à feu et armes blanches. Ils volent ce que la population a dans la rue et il y a même des cas de viols. C’est pourquoi, maintenant dans toutes les rues, la population se mobilise le soir pour monter des brigades de sécurité eux-mêmes.

La Police Nationale n’arrive pas à tout contrôler, car beaucoup de commissariats sont écrasés. Le palais de Justice et le Palais national n’étaient pas épargnés.

Beaucoup d’aides sont là, mais n’ont pas pu être distribuées de crainte d’un dérapage. Certaines zones de Carrefour ont bénéficié de l’aide via des organisations populaires. Mais pour d’autres zones, il y a des bousculades. La nuit devient précaire ici, quand il fait 18 heures, déjà tout le monde prie pour que le soleil se lève le plus vite.

On a la peur que la terre nous englouti, on a la peur que les voleurs et violeurs ne viennent la nuit. En un mot, on ne vit pas. Il y a des gens qui ont déjà des problèmes de cœur. Beaucoup de familles partent à la campagne. Malheureusement, certaines n’arrivent pas à destination, car à cause de la surcharge des autobus et camions, certains ont eu des accidents et des gens sont morts. La terre continue à secouer, nous ne savons quand ça va s’arrêter. Voilà en gros, ce que nous vivons. (Eveline B. Alix)